Une interview de Peter A. Flannery

(Crédit photographique : Graham Webb)

Albin Michel Imaginaire : Peter, les lecteurs français ne vous connaissent pas. Pouvez-vous vous présenter ? D’où venez-vous ? Où vivez-vous aujourd’hui ? Que faisiez-vous avant d’écrire votre premier roman First and Only (Le seul et l’unique) ?

Peter A. Flannery : J’ai 54 ans et je vis dans les Marches écossaises (Scottish Borders) avec ma femme et deux fils. Je suis né en Angleterre, et j’ai très tôt voulu être un écrivain, même si je n’ai jamais vraiment cru que ce serait possible. Après le lycée je suis allé à l’université pour étudier l’art et le design, mais très mauvais élève je passais le plus clair de mon temps à lire des livres de fantasy ou à sécher les cours pour explorer la campagne environnante avec mes amis.

J’ai quitté l’université pour travailler dans l’industrie forestière, mais quelques années plus tard je suis tombé d’un arbre et me suis brisé le cou. Après avoir récupéré pendant quelques mois, j’ai commencé à travailler dans des centres de jardinage, mais mon diabolique pendant créatif a refusé de rester silencieux : après une année passée à voyager, je me suis fixé en tant que sculpteur, réalisant des modèles pour des jeux de guerre et de rôles. J’ai continué pendant de nombreuses années, mais toujours en écrivant durant mon temps libre.

En 1997 je suis parti à Édimbourg aider un cabinet de design pour le compte de Target Games. Cela m’a donné l’opportunité de passer de la sculpture à la rédaction et j’ai progressivement basculé de l’un à l’autre jusqu’à écrire tous les livres de base pour l’entreprise.

Le premier livre que j’ai réellement terminé était un roman de science-fiction fondé sur l’univers « Warzone » de la société. L’ouvrage s’intitule Dark Soul (Âme sombre) et actuellement j’en ai réécrit la moitié dans mon propre univers.

En 2006 je me suis installé dans les Marches écossaises (Scottish Borders) avec ma femme et mes deux fils, et c’est à ce moment que j’ai décidé de me focaliser sur mon écriture. En travaillant à temps partiel j’ai rédigé First and Only et, heureusement, il a connu un certain succès.

Aujourd’hui je vis dans un petit village de la charmante campagne écossaise. Je dirige le club d’astronomie local et à l’occasion je tire à l’arc dans mon arrière-jardin. Je suis un jardinier réticent, un maître incontesté de la vaiselle et un adepte enthousiaste des sciences populaires. Et je ne peux toujours pas croire que Donald Trump soit le président des Etats Unis !

AMI : De quoi parle First and Only ?

P.AF. : First and Only raconte l’histoire de la première personne au monde à « réellement » posséder des pouvoirs psychiques et du psychopathe qui va le tuer. C’est une idée à laquelle je pensais depuis de nombreuses années. Quand j’étais plus jeune je croyais fermement aux pouvoirs psychiques et à tout ce qui concerne le surnaturel. Cependant, plus je faisais de recherches, plus je trouvais que cela ne résistait pas à un examen poussé. Il y avait de nombreuses anecdotes et histoires mais rien qui ne puisse vraiment être être prouvé. A contrecœur, j’ai abouti à la conclusion que les véritables pouvoirs psychiques n’existaient pas, mais cela soulevait une question… Que se passerai-t-il s’ils devenaient réels ?

Et s’il y avait vraiment quelqu’un dans le monde qui pouvait lire les pensées, voir le futur et bouger les objets par la force de l’esprit ? Quel genre de personne serait-il ? Et comment se révélerait-il au monde ?

First and Only est un thriller psychologique qui va vite, mais la vraie force de ce livre repose sur l’amitié qui grandit entre les deux personnages principaux. Comme dans Mage de bataille, les thèmes principaux sont l’amitié, la foi et la lutte entre le bien et le mal. Je ne pense pas à la foi dans un sens religieux. Pour moi, la foi est la capacité à maintenir l’espoir face à une adversité accablante.

AMI : Votre premier roman a été adapté en film par Magnus Wake. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce projet ?

P.AF. : Tout a commencé quand Magnus m’a contacté via Twitter pour se renseigner sur les droits cinématographiques. Au début j’ai pensé qu’il plaisantait mais il est vite devenu évident qu’il était sérieux. A partir de là le projet a suivi son cours et le film est maintenant terminé (ce qui en ces temps difficiles est un exploit). Le fait de l’avoir fini témoigne de la volonté et de la détermination de Magnus.

J’étais occupé à écrire Mage de bataille donc je n’ai pas été fortement impliqué dans le projet. J’ai fait quelques apparitions pour la promotion et je suis allé à Édimbourg pour regarder une partie du tournage, mais j’ai décidé tôt de ce que je laisserais à Magnus pour qu’il puisse aller de l’avant sans que je regarde constamment par-dessus son épaule.

La post-production du film est maintenant achevée et il est en train de faire le circuit des agents, des festivals de cinéma et des diffuseurs. J’attends de le voir bientôt et il devrait être disponible plus tard cette année.

AMI : Mage de bataille est votre second roman, environ 700 pages en anglais, deux livres de 500 pages en France. Il a été auto-publié. Pourquoi ?

P.AF. : J’ai passé des mois à envoyer First and Only à divers agents et éditeurs uniquement pour finir avec une jolie collection de lettres de refus. C’était en 2011, l’auto-publication commençait à offrir de véritables opportunités, alors j’ai pensé que je pourrais essayer. J’ai appris le processus, publié le livre et après un départ lent, les ventes ont commencé à décoller. C’est passé de 5 livres vendus par mois à 18, 72, 200… 700…1500…

First and Only a dépassé les 50 000 exemplaires vendus, donc je savais qu’il était possible d’atteindre un certain succès en tant qu’auteur auto-publié. Je savais que si je remplissais ma part du contrat d’auteur avec Mage de bataille le public pourrait l’apprécier, et s’ils l’appréciaient il connaîtrait un honnête succès. Quand j’ai fini Mage de bataille j’en étais plutôt content donc je n’ai même pas pensé à l’envoyer à des éditeurs. Encore une fois, j’ai choisi de le faire de mon côté.

J’ai toujours eu un esprit indépendant et j’aime vraiment l’autonomie et le contrôle que possède un auteur auto-publié. Je sens un lien direct avec le lecteur et c’est pour moi la chose la plus importante. Je dois admettre que je suis plutôt intimidé par le monde de l’édition traditionnelle. Je n’ai jamais vraiment su comment approcher les agents ou les éditeurs et il y a toujours cette sensation qu’ils tiennent la clé de votre futur.

Les auteurs auto-publiés ont un grand contrôle sur leur œuvre et ils n’ont pas de contrat compliqué. Les lecteurs sont à la recherche de leur prochain coup de cœur littéraire ; une expérience qui se soldera par une grande aventure. Le travail de l’écrivain est de leur donner ce qu’ils attendent.

Cela étant dit, je pense qu’il est important de se souvenir que l’auto-publication n’est pas une garantie de succès. La plupart des auteurs auto-publiés vendent très peu de livres. Mais si suffisamment de personnes partagent leur enthousiasme pour votre livre, vous avez une chance de rencontrer le succès.

AMI : En ce moment, la plus grande partie de la fantasy que nous lisons présente des antihéros et sont très durs et sombres. Avec Mage de Bataille, avez-vous voulu consciemment revenir aux origines : le bien, le mal, un héros ?

P.AF. : Oui, j’ai absolument voulu revenir aux origines du genre. Je savais que j’écrivais un très habituel « récit d’initiation », mais j’étais déterminé à en faire un des meilleurs exemples de sa catégorie. Chaque genre atteint un point de saturation, quand la même histoire a été racontée si souvent que les gens commencent à chercher quelque chose de différent… ajoutons des machines à vapeur, déroulons l’histoire dans un monde post apocalyptique, faisons des orcs les gentils…

Il n’y a rien de mal dans tout ça, mais en essayant d’être différent les gens oublient parfois l’importance de l’histoire et des relations entre les personnages. Ce sont les deux éléments les plus importants dans chaque livre, dans chaque récit.

Donc pour moi le défi était d’écrire une histoire classique, archétypale, mais de la rendre d’une certaine manière originale, de le faire avec ma propre vision et ma propre passion. Et j’ai honnêtement senti que si je pouvais y arriver de façon compétente les gens l’apprécieraient, en dépit du fait qu’ils avaient lu la même « histoire » une centaine de fois auparavant.

On a tous mangé beaucoup de pizza, mais on apprécie toujours quand quelqu’un apporte une pizza juste comme il faut.

AMI : Hell is coming, les méchants sont des démons. C’est une vision de la fantasy très chrétienne. Nous savons tous que le Seigneur des Anneaux est une série empreinte de catholicisme. Y-a-t-il un lien, une sorte d’hommage ?

P.AF. : J’ai beaucoup été inspiré par le Seigneur des Anneaux et oui, il y a un lien, mais seulement par la présence du combat du bien contre le mal.

En tant qu’enfant notre vision des gentils et des méchants est extrêmement naïve. Nous pensons à nos soldats comme les gentils et à l’ennemi comme les méchants. Mais dans la vraie vie ce n’est pas si simple. La plupart des guerres sont des luttes entre des gens ordinaires qui se sont retrouvés à combattre dans différents camps.

Dans Mage de Bataille, je ne voulais pas que les antagonistes appartiennent à une autre partie de l’humanité. Je voulais qu’ils soient l’incarnation même du mal. C’est seulement de cette façon que je pouvais les détruire de manière justifiée. Même comme cela, j’ai pris soin de souligner que ceux qui étaient tombés sous la coupe des Possédés n’étaient pas à blâmer. Ils n’étaient pas malfaisants, juste des victimes. Des gens qui avaient été emportés par le mal.

Certes, il y a indéniablement des aspects de l’enfer chrétien dans Mage de Bataille, mais la majeure partie de notre vision moderne de l’enfer vient de la Divine comédie de Dante, et les cornes, les pattes de chèvre et sabots fendus sont tirés du symbolisme païen et non de références chrétiennes.

Mais la différence la plus importante concerne le pêché. Dans Mage de Bataille les gens ne sont pas envoyés en enfer parce qu’ils ont fait quelque chose de mal. Ils sont les victimes de créatures d’un autre plan d’existence.

Dans Mage de Bataille les notions de religion sont vagues et j’ai fait attention à éviter toute allusion à un créateur. Certains ont émis des objections à propos du fait qu’aucune force du « bien » ne compensait le mal, mais je ne suis pas d’accord. La malfaisance des Possédés est contrebalancée par le pouvoir de la bonté humaine.

Dans la vraie vie, il peut être difficile d’avoir foi dans la bienveillance quand il y a tant de violence et de souffrance dans le monde. Je le vois comme le défi de Mage de Bataille de chacun de nous. Garder la foi. Croire en l’espoir et en la bonté, même face à toutes les mauvaises choses qui arrivent dans le monde.

AMI : Quand on lit Mage de Bataille, on est immédiatement touché par Falco Danté. C’est un personnage très intense. Comment l’avez-vous construit ? Son passé ? Ses objectifs ?

P.AF. : En un sens ça a commencé avec son nom. Mentionnez le nom de Dante et de nombreuses personnes penseront naturellement à l’Enfer de Dante. Donc le nom lui-même amène les gens à penser qu’à un moment Falco va exploser de rage. Mais je pense aussi que Falco paraît si intense en raison de la relation entre sa force et sa vulnérabilité. Ces éléments se nourrissent les uns des autres, donc plus il souffre plus il devient fort. Et plus il devient fort plus la responsabilité qu’il doit supporter augmente.

J’ai essayé de confronter ce personnage à une série d’émotions intenses. Cela signifie que ses décisions et ses actes ont plus d’impact. Quand Falco descend aider Siméon dans les montagnes, le lecteur sent l’émotion parce qu’il sait ce qu’il y a derrière. Et plus tard dans le livre quand Meredith dit « Siméon ne savait pas. » On sent la tristesse désespérée de cette phrase parce que les événements qui y ont mené sont chargés de tant d’émotion.

C’est une vieille tradition narrative de faire mourir les parents du héros. Pensez à Conan, Luke Skywalker, Harry Potter et Batman…

La mort des parents est un puissant motivateur. Cela nous aide à sympathiser avec le personnage mais c’est aussi nécessaire parce que l’enfant a besoin d’assumer ses responsabilités et de prendre le contrôle de sa propre destinée.

Le passé de Falco contribue à sa force, mais il définit aussi ses objectifs. Il ne veut « pas renverser les Thaumaturges », il veut trouver la vérité à propos de son père. Il ne veut pas « vaincre l’ennemi » en tant que tel, ce qu’il désire vraiment c’est sauver ses amis. Ses motivations sont saines et il est donc moins sensible à la corruption, moins vulnérable aux attaques de l’adversaire.

Comme il est dit pendant le Rituel d’Assay…

« Vous ne pouvez pas vaincre un mage de bataille en lui rappelant les choses qu’il aime. Vous pouvez le tourmenter et le faire souffrir mais leur souvenir ne fera que le rendre plus fort. »

AMI : Les dragons sont au centre de votre roman. Pourquoi ?

P.AF. : Certaines images de notre héritage culturel résonnent plus fort que d’autres. Si on pense à des armes, il n’y a rien qui résonne plus fort qu’une épée. Peu importe qu’il s’agisse d’Excalibur ou de l’ancien katana d’un seigneur de guerre japonais. Dans de nombreuses cultures, la représentation de l’épée règne en maître.

C’est la même chose avec les dragons. Ce sont tout simplement les créatures les plus cool qui soient ! Et pourtant il n’y en a pas deux descriptions identiques. Dans certains récits, ce sont d’immenses léviathans qui peuvent dévaster des cités d’un seul mouvement de leur queue. A mes yeux, il était essentiel que mes dragons paraissent réels. Je les voulais impressionnants, mais les rendre trop puissants aurait déséquilibré de nombreux éléments de l’histoire. J’ai donc fait attention à garder un équilibre entre les dragons et les démons. Le pouvoir des combattants de Mage de bataille provient de la force de leur volonté, pas de leurs dimensions.

Je désirais que mes dragons possèdent la présence physique d’un immense tigre, l’esprit d’un philosophe et l’âme d’un chevalier. Et finalement je voulais qu’ils soient capables de communiquer sans leur donner des voix humaines insipides. Mes dragons communiquent par le langage du corps et le transfert télépathique d’images et d’émotions.

Mais plus important… mes dragons sont super cool ! 🙂

AMI : On compte plus de 1000 critiques à propos de votre roman sur Amazon.com, avec 4,8 étoiles sur 5. Mage de bataille est un grand succès populaire. C’est merveilleux, mais c’est peut être difficile à gérer, non ?

P.AF. : En tant qu’écrivain la chose dont vous avez le plus envie c’est que les gens apprécient votre livre, donc c’est absolument incroyable de voir qu’autant de personnes ont eu du plaisir à lire Mage de Bataille. De fait, un grand nombre des critiques et mails m’ont littéralement ému aux larmes et je sens une profonde connexion avec ces gens que je n’ai jamais rencontrés.

Un des aspects négatifs du succès c’est qu’il augmente les attentes des gens. Plus on reçoit de bonnes critiques plus leurs espoirs sont hauts, donc cela accroît les risques d’obtenir une réaction négative. Heureusement Mage de Bataille a été écrit de telle manière que la plupart des lecteurs seront néanmoins surpris par ce qu’ils trouveront, même si l’histoire en elle-même leur paraîtra sans doute familière.

Il y a également des questions sur ce qui pourrait suivre. Les lecteurs me demandent souvent une suite ou une série et c’est une pression que je n’avais pas anticipé. Évidemment, j’ai des idées sur la façon dont l’histoire pourrait progresser, mais Mage de bataille a toujours été conçu comme un livre indépendant.

On peut tous penser à des titres dont la qualité a chuté quand l’auteur a signé un contrat pour six livres. Les écrivains ont besoin d’écrire ce sur quoi porte leur inspiration, donc je n’écrirais jamais de suite pour capitaliser sur le succès de Mage de Bataille. Je pourrais bien envisager une suite à un moment mais je le ferai seulement si je suis convaincu que l’histoire est assez forte.

AMI :Pouvez-vous nous dire sur quoi vous travaillez actuellement ?

P.AF. : Je suis actuellement en train de travailler sur un nouveau projet de fantasy, mais j’en suis vraiment qu’aux prémices donc pour l’instant je préfère garder les détails pour moi. Je dispose d’une série de fantasy pour enfant que j’aimerais voir illustrée un jour et de mon premier roman, Dark Soul, qui est à moitié réécrit. J’ai un dossier avec de nombreuses idées et concepts de livre, mais je me concentre en ce moment sur mon nouveau récit de fantasy.

Malheureusement je suis quelqu’un qui écrit assez lentement, et cela a pris plus longtemps que je ne l’avais imaginé pour que mon esprit émerge de l’ombre projetée par Mage de Bataille. Les personnages de cette histoire étaient assez forts et ils en sont venus à paraître très réels. Il a fallu du temps avant qu’ils ne deviennent suffisamment silencieux pour que je puisse entendre la voix de mes nouveaux personnages. Mais lentement le nouveau casting prend forme. C’est un processus très étrange et je suis convaincu que la majeure partie du travail dans l’écriture d’un livre est réalisée par l’inconscient.

J’aimerais souvent être un de ces écrivains chanceux qui peuvent simplement s’asseoir et écrire des livres de qualité, mais dans mon cas cela prend du temps pour que le monde mûrisse et prenne vie. Mais soyez assurés que je place mes lecteurs au centre de mes préoccupations. J’écris mes livres pour eux et je ferai de mon mieux pour leur donner une expérience de lecture satisfaisante.

Interview réalisée en juin 2018 par Gilles Dumay ; traduction française Anaïs Rubis.

The Quantum magician, Derek Künsken

(Vous connaissez la musique…)

Les éditions Albin Michel ont acquis pour leur département éditorial Albin Michel Imaginaire les droits de traduction en langue française du premier roman de Derek Künsken, The Quantum Magician.

 

(Un peu de storytelling)

L’été dernier, pour mon plaisir mais aussi pour me tenir un peu au courant, j’ai lu le Year’s best SF du regretté Gardner Dozois (et un autre, pour faire bonne mesure). Et j’ai trouvé dans ce fort volume tout un tas de nouvelles enthousiasmantes (dont une que vous pourrez très bientôt lire dans Bifrost). Et parmi elles, « Flight from the ages » de Derek Künsken. (Alors que j’essayais de rapiécer mes neurones, ce qui n’est pas un mécanisme conscient), je pense que ma première réaction fut un truc du genre : « mais c’est quoi ce truc ? » « mais c’est qui ce mec ?  » et « il sort d’où celui-là ? ». Du Canada… j’aurais dû m’en douter. Quelques mois plus tard, quand j’ai vu le nom de l’auteur apparaître (comme par magie) dans le catalogue d’un agent avec qui j’ai l’habitude de travailler depuis, pff !, vingt ans, ni une ni deux j’ai demandé à lire son premier roman.

 

(Mais de quoi ça parle ?!)

Belissaire est un homme quantique. Ses pairs ont été créés pour pousser les capacités cognitives de l’humain à un niveau extrême. En fugue quantique, Belissaire est capable de transformer la probabilité en réalité. Toujours sur le fil, de par sa nature-même, il a trouvé un équilibre précaire en tant qu’escroc. Et quand un client lui offre une richesse sans borne pour déplacer une flotte de vaisseaux de guerre à travers un trou de ver ennemi, Bélissaire accepte la mission et se met en quête d’un équipage post-humain. Réussiront-ils leur mission au risque de déclencher une guerre interstellaire ?

Derek Künsken est l’étoile montante de la science-fiction canadienne. Ses nouvelles fort remarquées ont été reprises dans les anthologies des meilleurs textes de l’année, traduites notamment en chinois. Le magicien quantique, son premier roman, a été comparé à Ocean’s Eleven pour l’aventure et l’humour, mais aussi aux romans de Greg Egan, Peter Watts, pour le vertige de ses idées. Il plaira à tous les fans de space opera débridé.

(En très résumé 🙂

« Du Peter Watts sous gaz hilarant. »

ou

« Ocean’s Eleven réécrit par Greg Egan. »

(Comment ça, ça ne vous fait pas rêver ?!)

 

L’auteur a un site :

Ici

Et ça c’est la couverture chinoise. Pour le plaisir des yeux.

 

Mises en fabrication, préparation de copie, BAT, 4e.

 

La vie d’un lancement de cinq titres (sur deux mois, octobre novembre 2018) de 500, 600 et 700 pages (sauf Les étoiles sont légion qui bénéficiera d’une pagination plus raisonnable : dans les 400 pages me semble-t-il – mais, par Crom !, où sont passés les livres de 256 pages de mon enfance ?) est loin d’être un fleuve tranquille. Quand on met un fabrication un titre, exemple Anatèm T2 hier (933 000 signes de prose Stephensonienne qui compte double, pour le moins, ce n’est pas le traducteur qui me contredira – sans oublier les schémas, y’a plein de schémas à la fin !), on récupère le même jour la préparation de copie d’un autre : Mage de bataille T1 (850 000 signes de chevaliers, de dragons et de le boules de feu). Et le même jour on navigue entre le marketing et Anna (en charges des 4e) pour finaliser les 4e de couverture du lancement, en entendant des trucs du genre : « là, on comprend pas trop qui invoque les dragons » (ok, je vais voir ça), « bon, à la mort de son père, elle hérite de la maison de sa mère, qui s’est suicidée trente ans plus tôt, tu crois pas que c’est un peu compliqué pour une 4e ? » (ok, je vais voir ça), « elle ne fait pas assez peur ta 4e, il faut se mettre dans une logique kingienne de terreur qui monte ; c’est très bien cette ville qui n’existe sur aucune carte, c’est très bien aussi ces habitants étranges qui semblent toujours vivre dans les années cinquante, mais où intervient la peur là-dedans ? » (ok, je vais voir ça).

Donc la phase 1 est terminée, tous les titres du lancement ont été mis en fabrication. Les quatrièmes sont bouclées (jusqu’à ce qu’une puissance supérieure… on verra bien). Ouf !

Pour Anatèm T1 on approche du BAT (bon à tirer). Pour Mage de bataille, tout roule, on devrait être en BAT début juillet. Quand au monstre American Elsewhere se sera un peu plus tard.

La traduction de Gilles Goullet (sur Les étoiles sont Légion) a été analysée comme « si propre » que zou ça part direct en compo, sans préparation de copie. Toujours ça de gagné sur le planning, serré comme un café à Sienne…

Sur ce : j’y retourne. Les dragons noirs m’attendent de pied ferme.

The Gone World, Tom Sweterlitsch

Les éditions Albin Michel ont acquis les droits pour leur département éditorial Albin Michel Imaginaire de The Gone World de Tom Sweterlitsch.

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Depuis le début des années 80, le Naval Space Command, une branche ultrasecrète de la marine américaine, explore les différents futurs. Lors de ces explorations, ses agents temporels ont situé le Terminus, la destruction de toute vie sur terre, au XXVIIe siècle.

En 1997, l’agent spécial Shannon Moss du NCIS reçoit un appel du FBI au milieu de la nuit : on la demande sur une scène de crime, où un père de famille aurait massacré sa femme, deux de ses enfants avant de s’enfuir. Seule la fille aînée, Marian, 17 ans, serait vivante, mais reste portée disparue. Pourquoi contacter Moss ? Mais parce que le suspect, Patrick Mursult, appartient comme elle au NCS.

Cette tuerie a eu une conséquence inattendue : subitement la date du Terminus s’est rapprochée de plus de quatre siècles. L’avenir de l’humanité toute entière semble liée à l’enquête de Moss. Mais comment telle chose pourrait-elle être possible ? L’enquête piétinant, Moss est envoyée chercher des indices… dans le futur.

 

Tom Sweterlitsch est l’auteur de deux romans : Tomorrow and Tomorrow en cours d’adaptation cinématographique par Matt Ross (réalisateur du très remarqué Captain Fantastic) et The Gone World dont les droits on été acquis par la Fox pour Neill Blomkamp (District 9, Elysium, Chappie). Avant The Gone World, Tom Sweterlitsch avait déjà beaucoup travaillé avec Neill Blomkamp, co-signant les scénarios de Rakka, Zygote, Firebase et Adam the mirror, tous produits par Oats studios.

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Ils l’ont lu, ils l’ont beaucoup aimé :

Le divin Apophis

L’héritier des loups, honteusement caché derrière le slogan publicitaire « Quoi de neuf sur ma pile ? »

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Sinon au jeu du mash-up (brillamment illustré par Robert Altman dans son excellent The player), le roman a été comparé à :

« La rencontre de True Detective et L’Armée des douze singes. »

« La rencontre d’Interstellar et du Silence des agneaux. »

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Pour aller plus loin

Un chouette article sur Syfy (en anglais)

La chaîne Youtube de Oats studios

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A qui s’adresse le livre ?

A tous ceux qui aiment les thrillers et les histoires de voyages dans le temps.

 

Les étoiles sont Légion, Kameron Hurley

« Ce livre est dédié à toutes les femmes brutales. » Kameron Hurley
« Un seul mot suffira : BADASS ! » John Scalzi, auteur de Le Vieil homme et la guerre.

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Le Roman :

Quelque part aux franges de l’univers, une armada de vaisseaux-mondes en sursis, connue sous le nom de Légion, glisse doucement dans les zones d’obscurité qui séparent les étoiles. Depuis des générations, des conflits très violents opposent celles qui désirent prendre le contrôle de cette flotte.

Alors que les vaisseaux-mondes se meurent, un plan désespéré est mis à l’œuvre.

Zan se réveille sans souvenir, prisonnière d’un peuple qui dit être sa famille. On lui explique qu’elle est leur seule chance de survie – la seule personne capable d’embarquer dans la Mokshi, un vaisseau-monde porteur du plus précieux des pouvoirs : celui de quitter l’armada. Mais la nouvelle famille de Zan n’est pas la seule à vouloir désespérément prendre le contrôle du vaisseau légendaire.

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L’auteur :

Kameron Hurley est l’auteure de la trilogie Worldbreaker et de la saga Bel Dame Apocrypha (l’une comme l’autre inédites en français). Elle a été finaliste du prix Hugo, la plus haute distinction de la science-fiction anglo-saxonne, pour son essai : The geek feminist revolution.

https://www.kameronhurley.com/

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Sa bibliographie :

Série « Bel Dame Apocrypha »

(1) God’s War (2011)

(2) Infidel (2011)

(3) Rapture (2012)

Afterbirth (2011)

The Seams Between the Stars (2014)

The Heart is Eaten Last (2016)

Apocalypse Nyx [juillet 2018]

 

Trilogie « Worldbreaker »

(1) The Mirror Empire (2014)

(2) Empire Ascendant (2015)

(3) The Broken Heavens (2018)

 

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Anecdotes (pour briller sur les forums)

  • Il n’y a aucun personnage masculin dans Les étoiles sont Légion.

  • Le livre sortira en librairie le 30 octobre 2018.
  • Le roman est volontiers « dégueu » on se balade dans des vaisseaux organiques plein de boyaux, d’artères et compagnie. A lot of fun !

  • Le roman a été traduit par Gilles Goullet
  • La couverture française a été réalisée par Manchu.

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A qui s’adresse le livre :

  • Parfait pour les fans de space opera d’action, pour les lecteurs des Silverberg de la grande époque : L’Homme dans le labyrinthe, Les Ailes de la nuit et Un jeu cruel.

  • Parfait aussi pour les fans de la franchise Alien qui pense que Ripley est trop cool (ce qui est évidemment le cas !).

 

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Ils en parlent et bien !

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